Quel financement des retraites demain ?

Partagez l'article

En septembre 2017, Jean-Paul Delevoye a été chargé par le Président de la République, Emmanuel Macron, de la mission de Haut-commissaire à la réforme des retraites et de piloter une consultation devant mener à un projet de loi courant 2019. Jean-Paul Delevoye se voit donc en charge de la tâche, que certains diront sisyphéenne, de travailler à la cinquième réforme des retraites en quatre quinquennats. Vous avez bien lu.

La réforme vise à “créer un système universel dans lequel un euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé et quel que soit le statut de celui qui a cotisé”, d’après le site web officiel de la réforme. Justice, égalité, simplification, c’est l’ambition, légitime, du gouvernement. Cependant, réforme après réforme, les enjeux auxquels sont confrontés les systèmes de retraites sont fondamentalement toujours les mêmes.

D’abord, la population vieillit, et les générations issues du baby-boom arrivent progressivement à la retraite. Le ratio actifs cotisants-retraités n’est déjà que de 1,7. Le Conseil d’Orientation des Retraites table sur 1,5 à horizon 2040, et 1,3 en 2070. Ces dates paraissent si lointaines qu’elles en deviennent abstraites, mais elles nous concernent tous d’ores et déjà. 2040, c’est dans 20 ans. Les retraités de 2040, ce sont les quadras d’aujourd’hui.

Ensuite, contrairement aux années d’après-guerre où la croissance était forte, et le plein emploi assuré, nous vivons maintenant dans un monde de croissance modeste, et de chômage élevé. Moins d’actifs veut dire moins de cotisants, et sans croissance ni gains de productivité majeurs, le trésor de guerre ne croît pas.

Enfin, la plupart des mesures permettant de rendre le système de retraites plus soutenable sont des mesures dites “paramétriques”, qui ne changent pas fondamentalement le problème. Elles en limitent seulement l’ampleur temporairement, au gré des ajustements. Ces mesures sont de trois sortes :

  1. Retarder l’âge de départ à la retraite.
  2. Augmenter les cotisations des actifs.
  3. Diminuer les pensions des retraités.

Bien sûr, chacune de ces mesures peut être déclinée à l’infini. Par exemple, les pensions peuvent diminuer via une hausse de la fiscalité, un gel des revalorisations, etc. De même, le bien fondé de telle ou telle mesure peut être discuté. Si l’espérance de vie augmente, n’est-ce pas légitime de reculer l’âge de départ à la retraite ? Quoi qu’il en soit, dans l’ensemble, toutes les mesures imaginables s’apparentent à l’une des trois détaillées ci-dessus.

Les solutions 1 et 2 sont injustes pour les actifs, qui subissent le coût des retraites de leurs aînés, sans pour autant bénéficier des mêmes avantages qu’eux lorsque vient leur tour. Beaucoup d’actifs ont le sentiment de cotiser à perte pour maintenir les retraites d’aujourd’hui, tout en devant capitaliser pour s’assurer un niveau de vie décent plus tard, car les actifs seront trop peu nombreux pour assurer à leur tour des pensions décentes à leurs aînés. La solution 3, qui peut également générer des injustices, notamment chez les plus modestes, est extraordinairement impopulaire politiquement, et affecte durement une catégorie de la population qui est moins en mesure d’absorber ce type de chocs sur son niveau de vie que les actifs. En somme, personne n’est content. Il faut se résoudre à recommencer, réforme après réforme, pour un lent nivellement par le bas. Comme l’écrivait Albert Camus, “il faut imaginer Sisyphe heureux”. Triste perspective.

Pourtant, il y a d’autres solutions. Selon Livsty, un new deal des retraites est possible. Les retraités possèdent souvent un patrimoine conséquent, mais il est surtout immobilier. En effet, quatre retraités sur cinq sont propriétaires d’au moins un bien immobilier. Qu’est-ce que cela change au problème me direz-vous ? On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Ou plutôt, on ne peut pas vendre sa maison pour financer son train de vie, et continuer à y habiter… Sauf que si, et ça s’appelle le viager. Il existe une façon de financer les retraites d’une manière qui ne soit pas une guerre entre générations, mais bien un accord gagnant-gagnant entre actifs et retraités. Cette solution, c’est le viager. Pour les retraités, c’est une manière de mobiliser leur épargne illiquide et de financer leurs vieux jours, sans pour autant devoir partir de chez eux. Pour les actifs, c’est une façon performante et simple de se constituer un patrimoine, en vue de leur propre retraite. En somme, tout le monde est content.

Pour aider à faire de ce new deal une réalité, Livsty a entrepris de rencontrer plusieurs acteurs clés des pouvoirs publics, notamment impliqués dans les réformes des retraites et de la prise en charge de la dépendance, pour leur faire part de ses convictions. Selon nous, l’un des principaux obstacles au développement du viager reste un problème d’image. Beaucoup de gens continuent à voir le viager comme un “pari sur la mort”, et donc une institution morbide. Nous militons donc pour une “réhabilitation” du viager et un effort de communication et de pédagogie à destination des Français. Nous insistons également sur l’importance de préserver le cadre réglementaire et fiscal entourant le viager : celui-ci est aujourd’hui favorable, même si trop peu connu, et malgré certaines imprécisions. Pour développer le viager comme vraie solution de solidarité intergénérationnelle, il est important d’offrir un cadre stable, aussi bien aux seniors souhaitant en bénéficier qu’aux investisseurs et acheteurs des biens vendus.

Les pouvoirs publics ont bien en tête l’importance et l’intérêt du viager pour contribuer au financement des retraites et de la dépendance et cela est parfaitement en ligne avec le discours et les initiatives du moment souhaitant associer les initiatives privées et l’innovation à la transformation des politiques publiques. Nous continuons de rencontrer les acteurs publics dès que faire se peut, avec, in fine, un seul objectif : contribuer à faire du viager une solution viable pleinement insérée dans les parcours de vie à la retraite et les habitudes d’épargne et de désépargne des français tout au long de leur vie. L’ambition est d’en faire un véritable complément aux régimes de retraites existants par répartition et par capitalisation. Nous ne manquerons pas de vous faire part des avancées en la matière.


Cet article vous a plu ? Soyez le premier informé de nos dernières actualités en vous abonnant à notre newsletter :



Partagez l'article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *