Financement de la dépendance : pourquoi faire compliqué quand on peut faire très simple

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Le 29 mai dernier, le Cercle des Économistes a publié dans Les Echos une tribune proposant une solution au problème du financement de la dépendance des seniors. Ce n’est pas sans un certain plaisir que nous avons pu remarquer que ce problème est maintenant pris à bras le corps, non seulement par les pouvoirs publics, mais aussi par les think tanks, et que des solutions commencent à émerger. Chez Livsty, première startup dédiée au viager nous sommes convaincus que les enjeux des seniors sont aussi ceux de la jeunesse, nous pensons qu’il est également grand temps que le secteur privé se saisisse de ces enjeux, et mette son potentiel d’innovation au service des seniors.

Le Cercle a proposé un mécanisme en apparence simple pour financer la dépendance nommé Prêt Individuel à la Dépendance (PID), qui n’est autre qu’un crédit hypothécaire sur la résidence principale des seniors, qui serait garanti par un fonds dont les actionnaires seraient les collectivités territoriales et quelques acteurs institutionnels. Ce prêt permettrait aux seniors de dégager des ressources complémentaires lors de l’entrée en dépendance. Sur le fond, le PID, qui se présente comme l’antithèse du viager, en reprend pourtant le principe fondamental consistant à monétiser l’épargne d’une vie, autrement difficile à mobiliser car sous forme immobilière, et ce afin de dégager des ressources.

Cependant, le dispositif pose plusieurs questions. Comment est rémunéré le capital prêté ? Quels sont les intérêts dus ? Comment se règle le remboursement du prêt après le décès du souscripteur, et quelles conséquences pour le conjoint survivant qui pourrait ne pas avoir les moyens de rembourser le prêt sans vendre son bien ? Quid des héritiers au moment de la succession ? Quelle viabilité du fonds de garantie en cas de baisse importante ou durable des prix de l’immobilier ? Quid du financement des besoins des seniors non-dépendants dans un contexte de baisse des pensions et d’augmentation de la durée de vie ? Le dispositif, en apparence simple, nous semble répondre de manière incomplète aux réels besoins des seniors, et soulever autant de questions qu’il ne semble apporter de réponses.

A l’inverse, nous pensons qu’il existe déjà une solution, plébiscitée par les seniors et ne nécessitant aucune intervention particulière des pouvoirs publics, répondant au problème du financement des besoins des seniors : le viager, ou plus précisément, la vente en nue-propriété viagère. Contrairement au viager classique, où la vente s’effectue en contrepartie d’un capital versé en une fois (« le bouquet ») et d’une rente viagère (à vie), la vente en nue-propriété viagère est conclue par le versement d’un bouquet uniquement. Celui-ci est bien entendu beaucoup plus important que dans le viager classique, et équivaut à la valeur du bien décotée de la valeur du droit d’occupation.

Sous cette forme, le procédé élimine l’essentiel des arguments habituellement retenus contre le viager. En effet, pour l’acheteur, le risque de longévité est fortement réduit. Pour le vendeur, pas de vente à vil prix en cas de décès prématuré,  le risque d’impayés de la rente disparaît, et le capital n’est pas aliéné. Le senior fait ce qu’il veut avec la somme perçue : financement de dépenses contraintes liées à l’âge ou à la dépendance, financement du train de vie, donations aux héritiers, il peut même en convertir tout ou partie en rente viagère auprès d’un assureur. Surtout, cette solution nous paraît créer un rapport gagnant-gagnant entre les seniors, qui peuvent mobiliser leur patrimoine pour subvenir à leurs propres besoins, et les plus jeunes, à la recherche d’investissements sécurisés, rentables et engagés socialement; et donc, permet de restaurer une solidarité intergénérationnelle que les tensions liées au financement des retraites et de la dépendance et aux arbitrages fiscaux entre générations avaient écornée.

Lien vers la tribune des Echos : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/la-solidarite-entre-les-generations-lautre-defi-de-la-dependance-1030832

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